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Dimanche 10 mars 2013 7 10 /03 /Mars /2013 23:38

 

Acte I 

 "Todo lo que merece la pena cuesta conseguirlo"

(Tout ce qui vaut la peine suppose de l'effort)

 

Prochainement suivi de l'Acte II

"Dis maman, ça pousse comment la banane ?"

 

 

titre.jpg

 

 

 

”Vous m’avez réconcilié avec la banane !” s’est exclamé il y a quelques jours un de mes hôtes, en quittant la table du petit déjeuner.

Rompue à cette déclaration de réconciliation récurrente, ma réponse fut la même que d’habitude :

“Marc, lorsque chez vous vous mangez une banane, il y a de fortes (mal)chances pour qu’elle ait été cueillie il y a 3 mois, réfrigérée, traitée afin d’interrompre son mûrissment puis de nouveau traitée pour relancer ce dernier, résultat, lorsqu’elle arrive sur votre table, elle a perdu sa saveur, son moëlleux, sa texture, ses propriétés nutritives…”

 

Platano 2-copie-1

 

Premiers rayons du soleil : Angel cueille le petit déjeuner...

(Photo Tenerife Autrement)

 

Autant de sacrilèges qui épargnent la banane canarienne, ce fameux “Plátano de Canarias” si prisé localement tant par les habitants que par les voyageurs qui nous visitent, mais également par les habitants de l’Espagne péninsulaire pour lesquels la banane, c’est “un plátano de Canarias o nada!” (une banane des Canaries ou rien!)

 

Labelisée, on la reconnaît sur les marchés, on la préfère, et selon une enquête de la trés sérieuse Asociación de Productores de Plátanos de Canarias (Asprocan), en Espagne on est même disposé à la payer 1€ de plus le kg que la simple “banana” venue d’autres horizons, en raison de sa qualité et de sa provenance qui fleure bon cet archipel des Canaries béni des Dieux.

  

Lorsque vous dégustez un “plátano” à Tenerife, dans le pire des cas, il a été cueilli il y a une semaine, voire il y a deux jours… et ça change tout.

 

logo 

Cette banane des Canaries,

Quel est son secret et son histoire?

 

 

Introduite peu aprés la finalisation de la conquête espagnole, au tout début du XVIè siècle, elle nous vient de Guinée Equatoriale, via les portugais qui s'établirent sur l’archipel.

Mais c’est dans la deuxième moitié du XIXe siècle que sa culture se développe en tant que ressource économique destinée à l’exportation, et que les grandes plantations vont voir le jour.

 

430023 10151076463512869 2049112123 n Hangar d'empaquetage des bananes - Photo d’archive FEDAC 

 

Le coup d’envoi est donné par des compagnies anglaises, en tête, Sir H.Wolfson qui en 1882 supervise les premiers envois vers l’Angleterre.

Aux voyageurs qui l' air un peu pincé soulignent la présence anglaise sur l’archipel canarien, et qui sur les forums de voyage déclarent ne pas souhaiter “voir d’anglais”, je précise toujours que les britanniques fréquentent Tenerife depuis plusieurs siècles, ils furent même parmi les premiers à venir s’y approvisionner en vin de “Malvasía” (Malvoisie), le "Canary Wine", ce nectar doux et fruité que Shakespeare en personne qualifia dans son oeuvre Henry IV  de “merveilleusement pénétrant et qui parfume le sang!

 

shakespeare-4

 William Shakespeare 

“Henry IV” part II – act 2, scene 4

“But i faith, you have drunk too much canaries and that´s a marvellous searching wine,
and it perfumes the blood ere one can say: What´s this?”.

 

Mais revenons à notre banane.

En 1900, ce sont 50.000 tonnes qui seront exportées vers le Royaume Uni : la production canarienne vient de prendre son envol, elle reste de nos jours la culture majeure des îles aprés avoir été pendant tout le XXème siècle le moteur de leur croissance. De nos jours, c'est essentiellement vers l'Espagne péninsulaire, et plus récemment vers l'Allemagne, que s'envolent les récoltes.

 

  empaquetadobienmesabe

 

 

 Un labeur éreintant

  

 Abords de la Bananeraie 2 (Tenerife Autrement)

  

En certains points de l’île, planter supposa de creuser les étendues arides de laves à main d'homme ou à la dynamite afin de préparer le terrain, d'édifier des terrasses, de mettre en place le drainage, d'amener la terre fertile d’un bout à l’autre de Tenerife, puis l’eau, précieuse, indispensable, inégalement répartie.

 

sorribando.png

Des paysans préparent le terrain d’une plantation

Ramón Diaz Hernández, Sobre el paisaje del plátano de Canarias





25  à 30 litres d’eau par jour et par plante

 

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(Photo Tenerife Autrement)

 

 

Secrète, l’eau filtre dans le silence et l’obscurité des massifs volcaniques plusieurs fois millénaires de Tenerife, au plus profond desquels il a fallu aller la chercher, par le truchement de quelques 1.050 galeries souterraines, puis la transporter via des canaux et des atajeras (petits canaux de facture traditionnelle qui sillonnent le paysage rural de l’île) vers les zones agricoles.

Plus récemment, via de modernes canalisations et autres tuyauteries, inesthétiques certes, mais sans elles, point d’eau à la sortie du robinet, ni sous la douche, ni à plus forte raison, dans les bananeraies.

 atajea

   

Une ancienne "atajea" du temps oú l'irrigation des bananeraies

se faisait par débordement de l'eau dans les parcelles

 

amandiers12bis

 

arrosage-direct.jpg

 

De nos jours, économie oblige, l'arrosage "goutte à goutte"

est devenu la norme

 

riego.jpg

 

Un système d'irrigation qui va droit au but

 

   

De l’eau, du soleil, du travail, de l’amour

  

Cet Acte I se clôt par une video empreinte d’émotion, un instant rare s’agissant d’un spot publicitaire.

Il a remporté la faveur du public espagnol, sans doute parce qu’il évoque la tradition, l’amour du travail bien fait, et le soucis de transmettre ces valeurs d’une génération à l’autre.

 

 

"En esta vida, todo lo que merece la pena, cuesta conseguirlo"

Campagne publicitaire 2011

Asprocan – Asociación de Productores de Plátanos de Canarias

 

 

 A bientôt pour l’Acte II

 "Dis maman, ça pousse comment la banane ?"

 

   

France

(Tenerife Autrement)

 

 Une suggestion verdoyante pour vos vacances à Tenerife : 

vous héberger dans une bananeraie !

Contact :

 

tenerife.autrement@hotmail.com

 

finfin

 

Dans-le-secret-des-bananeraies--Tenerife.Autrement-.jpg

(Photo Tenerife Autrement)

 

 

Références à Shakespeare :

 

"Malvasía y Falstaff : los Vinos Canarios

Andrés de Lorenzo Cáceres

Instituto de Estudios Canarios 

 

malvasia-falstaff.jpg

 

 

   


 

 

 

 

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Samedi 19 janvier 2013 6 19 /01 /Jan /2013 17:17

 

amandiers24bis.jpg

 

 

Des sentiers témoins de la ruralité de l’île et du labeur des anciens.

 

 

Au palmarès des mois que j’affectionne tout particulièrement sous ce  28º parallèle, Janvier caracole largement en tête, lumineux, dynamique,vivifiant.

Rien de tel qu’un matin vif argent pour vous tirer de dessous votre couette, avec dans les poumons des envies de vent frais.

Sac à dos et  godillots frétillent dans l’entrée : pas de doute, c’est l’appel du grand air et des sentiers !

En route donc, pour l’inmanquable rendez-vous qui saupoudre de féerie tout l’Ouest de Tenerife à chaque début d’année : la floraison des amandiers, tout là-haut sur les hauteurs de nos communes.

     amandiers-derniere-heure.jpg

 

On “monte aux amandiers” par de tranquilles sentiers bordés de blocs de lave que de patientes mains paysannes ont transformés en murets : aux Canaries, entre la roche volcanique et les hommes, c’est l’osmose.

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Les pluies d’automne enfin tombées en abondance suite à près de deux longues et  pénibles années  de sècheresse ont opéré le miracle toujours renouvelé de la vie surgie d’entre les pierres.

Gorgés de rosée, les “Verodes” (famille des aéoniums) sont indissociables du paysage rural et urbain de Tenerife :  on les trouve tout autant qui bordent les chemins du “Monte”, que colonisant les toits de tuiles des vieux quartiers historiques.

Le Verode annonce l’humidité… ouvrons l’oeil.

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Plus précieuse qu’un container de diamants, recueillie comme il se doit afin de n’ en perdre aucune goutte, voilà l’eau, bruissante et secrète dans sa course le long des  flancs de l’île, entre coulées de laves, forêts de pins, agaves, bruyères et vignes…

 

amandiers12bis  amandiers23

 

C’est  le Canal Vergara, que nous présente le Diario de Aviso, dans son article  “Los senderos del agua” (Les sentiers de l’eau), du 5 février 2012 :

 

”Au début du siècle dernier, lorsque  dans le Sud  de l’île démarrent les plantations de bananes et de tomates sous l’impulsion des firmes britanniques, il faut pouvoir compter sur l’approvisionnement en eau afin d’irriguer les cultures, et couvrir les besoins d’une population sans cesse croissante.

Commencent alors la canalisation et l’acheminement de l’eau sur de grandes distances,  et naissent des kilomètres de canaux qui depuis lors sillonnent le paysage de leurs longues silhouettes.

Le Canal Vergara est une de ces oeuvres pharaoniques : avec ses 37 kms, il est le plus long de l’ile.

Le canal recueille les eaux dans les galeries du même nom à La Guancha, puis traverse les communes d’Icod de Los Vinos, Garachico, El Tanque, Santiago del Teide pour terminer à Aripe, sur la commune de Guía de Isora.”

(Traduction Tenerife Autrement)

  

mapa

  

Trajet du Canal Vergara depuis La Guancha jusqu'a Guía de Isora :

ceux qui connaissent les lieux apprécieront la distance !     

  

 amandiers16 amandiers30.jpg

 

Laissons  le “pharaonique” et vénerable canal poursuivre sa noble tâche de porteur d’eau plus loin vers les communes du sud-ouest, et revenons à notre propos en direction du plateau “de los almendros”.

 

amandiers22

 

 

Le touriste non avisé s’imagine souvent que le Parc National du Teide est le seul lieu incontournable depuis lequel on peut  “ voir le volcan”.

Or “le” volcan Teide est non seulement admirable depuis une infinité de points cardinaux, mais il est également loin d’être un vieux solitaire en terre “tinerfeña”.  Le voilà qui vient à notre rencontre, aux côtés de son pôte le Pico Viejo : une amitié vieille de quelques 30.000 ans, ça crée des liens!

   Il-est-partout--13-janvier-2013-.jpg

 Le Pico Viejo et le Teide : les deux stratovolcans de Tenerife

   

 

Sur le plateau, loin des températures côtières, soumise aux bourrasques des vents alizés , régulièrement  baignée par les brumes, la Nature semble encore se recueillir au coeur de l’hiver insulaire.

Ses fruits moëlleux et miellés à venir, en gestation sur la pointe des branches, un figuier sommeille encore…

 

amandiers18.jpg amandiers14.jpg    

 

Plus matinaux, conscients de leur splendeur, les amandiers sont au rendez-vous !

 

amandiers29.jpg

    

  

Un appareil photo entre les mains, que faire face à un tel spectacle, sinon s'introduire sous les branches, et disputer le coeur des fleurs aux abeilles déjà au boulot ?

 

 

 amandiers1 

  amandiers2

 

 AmandiersSantiago del Teide(13janvier2013)Tenerife Autremen

 

  

La boite à images est pleine, l’air devient sucré et se fait tiède…Dans quelques temps l’herbe tendre aura disparu jusqu’à l’hiver prochain, il serait malvenu de ne pas l’honorer d’ une petite sieste...

  

amandiers28.jpg  

A la hauteur de mon nez, cette merveille a la taille d’un petit pois

  amandiers8

  

L’entrée des alizés à 1.000m d’altitude sonne la fin du farniente : leur caresse ouatée et bénéfique enveloppe les reliefs, tantôt langoureuse, tantôt enragée, selon la puissance des vents.

  amandiers32.jpg amandiers27bis.jpg

 

La chute des températures  est  imminente,  c’est l’heure du retour dans la vallée.

 Le jour décline, la lumière se fait vaporeuse…rentrons en silence : ce qui suit se passe de commentaires.

   Les amandiers de Santiago del Teide (13 janvier 2013)

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 amandiers4

 

 

Tous mes remerciements à Teresa et à Liko  pour leurs anecdotes, pour ces échanges toujours enrichissants et fructueux autour de la Mémoire d’un territoire.

 

 

France

(Tenerife Autrement)

tenerife.autrement@hotmail.com 

 

 

Déja publié sur le même thème :

La Route des amandiers en fleurs (version 2011),juste aprés le clic sur :

La route des amandiers en fleurs

 

 

amandiers11.jpg

   

  

 

  

  

  

 

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